Le réchauffement climatique changera-t-il la géographie des
maladies
dans les
régions arctiques ?
Le réchauffement climatique,
on l'oublie trop souvent, peut avoir un certain nombre d'effets positifs sur la
santé des populations arctiques, en réduisant l'incidence des pathologies
provoquées ou aggravées par le froid, comme les maladies des voies
respiratoires (encore que la mauvaise ventilation des habitations incite de ce
point de vue à rester prudent) et les accidents coronariens. Mais l'élévation
des températures est aussi susceptible d'avoir des effets défavorables, directs
et surtout indirects. L'introduction de nouvelles maladies infectieuses ou
parasitaires à transmission vectorielle, du fait de l'allongement de la saison
estivale, ne représente qu'une menace infime. En revanche, on peut redouter une
recrudescence des maladies hydriques - d'autant qu'en servant d'assise au
bassin ou au lac de rétention, une plate-forme de pergélisol stable favorise la
disponibilité, le traitement et la distribution de l'eau potable. De même, un
accès rendu plus difficile aux nourritures traditionnelles pourrait majorer le
risque d'intoxications alimentaires et de maladies métaboliques. Enfin, on ne
saurait passer sous silence les méfaits du stress lié à la transformation du
cadre de vie et du mode de vie. Il reste qu'en tout état de cause, l'impact
sanitaire variera d'une région à l'autre selon l'amplitude du changement
climatique, mais aussi selon l'état de santé antérieur et selon la capacité d'adaptation
des différentes populations.